Église romane Notre-Dame de Châtel-Montagne  -  Allier  (03)
  

Chapiteau 27 :

La luxure (repentie).

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chapiteau La luxuree
chapiteau La luxure
chapiteau La luxure
plan montrant l’emplacement du chapiteau
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Emplacement


Deuxième pilastre nord du collatéral nord de la nef

Description



Une femme allongée, la tête occupant l'angle gauche du chapiteau, le bassin l'angle droit et les pieds appuyés sur l'extrémité du retour droit. Elle est entièrement dévêtue. Sa tête est volumineuse avec un nez épaté, une bouche lippue, des cheveux retombant de part et d'autre sur ses épaules. Sa poitrine tombante est bien mise en évidence. Ses cuisses sont largement écartées, la main gauche a été martelée : cachait-elle le sexe ou écartait-elle la cuisse gauche ?
Cette femme tient de sa main droite un disque rond orné d'une croix : hostie comme sur le chapiteau 5 de la nef ? (note) L'hypothèse d'une hostie ou éventuellement d'une bourse ronde signifiant les trésors de la foi plutôt que l'avarice est confortée par le fait que le démon se détourne, sur la face droite du chapiteau. Au dessus de son pubis, à l'angle du chapiteau, une petite tête réjouie. Tout à l'extrémité de la face droite du chapiteau personnage debout de profil, aux yeux en amandes et au nez épaté, qui se détourne face au mur. Le bassin et les cuisses de la femme ont été martelés (note) Par le maire de la commune qui se félicite de son exploit dans une lettre au préfet datée de 1885


Tentative d'explication



Il s'agit là du repentir de Marie-Madeleine, incarnation du vice et de la luxure.

Cette femme représente l'ensemble des vices, dont la luxure. L'ingestion de l'hostie témoigne du repentir dont le démon qui se détourne et l'angelot qui se réjouit sont les témoins.


L’identification de Marie-Madeleine à Marie de Béthanie et à "la femme qui fût une pécheresse", fut établie dans un sermon que le Pape Grégoire prononça en l’an 591.  (note) "Homélies sur les Évangiles" 33,1 de Grégoire le Grand :
Cette femme, Luc l’appelle une pécheresse, Jean la nomme Marie, et nous croyons qu’il s’agit de cette Marie dont Marc assure que sept démons avaient été chassés. Or que désignent les sept démons, sinon l’ensemble des vices ? Comme le temps tout entier est renfermé en sept jours, le chiffre sept représente bien l’universalité. Marie a donc eu sept démons, puisqu’elle fut remplie de tous les vices.



Au début du Moyen Age, le caractère de prostituée de Marie-Madeleine s'était estompé : elle est présentée comme une pécheresse ordinaire, une dame assez riche. Sa légende est complétée par assimilation à sainte Madeleine : par repentir elle se serait retirée au désert pendant 30 ans pour épancher sa douleur, fournissant l’exemple d’un amour extasié. Elle devient la patronne de la réforme de l’Eglise. L'abbaye de Vézelay, fondée en 860 est placée sous l'égide de Marie-Madeleine à partir du XIe.

Au début du XIIe siècle, avec l'entrée dans la période gothique, la légende se recentre autour de la pécheresse pardonnée, jadis en proie aux sept démons (sept vices) et qui se rachète, non plus par son amour, mais par sa crainte et son espérance.

   
Amicale Chateloise pour l'Eglise Romane - Association Loi de 1901
03250 - Châtel-Montagne  -  A.C.E.R.          Serge Seliverstoff - XI/2014